Vous tenez une épicerie, un restaurant ou vous lancez une petite activité d'importation, et vous voulez faire venir du Vietnam, de Thaïlande ou de Chine des produits alimentaires pour les vendre en France ? Les règles ne sont pas celles d'un voyageur : chaque envoi passe des contrôles sanitaires. Voici les étapes, expliquées simplement.
À titre indicatif, à jour au 1er novembre 2026. Information générale, pas un conseil juridique. Pour votre cas précis, interrogez la douane et les services de contrôle avant votre première commande.
Étape 1 : le numéro EORI
Pour importer d'un pays hors de l'Union européenne, votre entreprise doit être enregistrée auprès de la douane et obtenir un numéro EORI (il commence par « FR » suivi de votre numéro d'entreprise). La demande se fait en ligne sur le portail de la douane. C'est la première formalité, même pour une micro-entreprise. La TVA à l'importation est due, elle aussi.
Étape 2 : savoir de quelle famille est votre produit
| Famille | Exemples | Ce qu'il faut |
|---|---|---|
| Produits d'origine animale | poisson, crevettes séchées, sauce de poisson, miel | Le pays ET l'usine doivent être autorisés par l'Union européenne ; certificat sanitaire officiel ; contrôle obligatoire à l'arrivée |
| Fruits, légumes, herbes frais | piments, mangues, rau răm, basilic | Certificat phytosanitaire du pays d'origine (sauf banane, noix de coco, durian, datte, ananas) ; contrôle à l'arrivée |
| Produits secs et transformés d'origine végétale | thé, nouilles sans viande, riz, épices sèches, sauces sans produit animal | En général pas de certificat sanitaire (à vérifier pour chaque produit), mais étiquetage et règles de sécurité des aliments ; certains font l'objet de contrôles renforcés (voir étape 3) |
Produits de la pêche : la Chine, le Vietnam et la Thaïlande figurent sur la liste des pays autorisés, mais seules les usines agréées (inscrites sur les listes européennes) peuvent exporter vers l'Union. Demandez toujours à votre fournisseur son numéro d'agrément, et vérifiez-le. Œufs frais : ces trois pays ne font pas partie des pays autorisés.
Étape 3 : les produits sous contrôle renforcé
L'Union européenne renforce les contrôles sur certains produits venant de certains pays, quand des problèmes (résidus de pesticides, moisissures…) ont été constatés. La liste change plusieurs fois par an (règlement d'exécution (UE) 2019/1793, dernière modification repérée en juin 2026). Par exemple, selon la version de juin 2026 :
- Vietnam : durian, gombo, piments, fruit du dragon ;
- Thaïlande : piments, fruit de la passion ;
- Chine : arachides, thé, poivrons broyés, et d'autres.
Pour ces produits, une partie des envois est analysée à l'arrivée ; pour certains, un certificat et des analyses du pays d'origine sont exigés en plus. Vérifiez toujours la version en vigueur sur EUR-Lex avant de commander.
Étape 4 : le passage à la frontière
Les produits d'origine animale et les végétaux frais arrivent par un poste de contrôle frontalier (port ou aéroport équipé). Le service d'inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (SIVEP, ministère de l'Agriculture) contrôle les documents, l'identité de la marchandise et, si besoin, fait des analyses. Si tout est en ordre, il valide un document sanitaire commun d'entrée (DSCE), rempli à l'avance dans le système européen TRACES, que vous présentez ensuite à la douane. En pratique, votre transitaire ou votre commissionnaire en douane s'en occupe souvent : demandez-le-lui.
Étape 5 : l'étiquette en français
Un produit vendu en France doit porter les mentions obligatoires du règlement européen sur l'information des consommateurs (règlement (UE) 1169/2011) : nom du produit, liste des ingrédients, allergènes mis en évidence, quantité, date de consommation, conditions de conservation, nom et adresse de l'opérateur, pays d'origine quand il est exigé. Ces mentions doivent être en français. Une étiquette seulement en vietnamien, en thaï ou en chinois ne suffit pas : prévoyez une étiquette française collée sur chaque produit. Voir notre guide la notice et l'étiquette en français.
Ce que la Passerelle n'accepte pas
Les compléments alimentaires et l'alcool suivent des règles particulières, et la Passerelle ne les présente pas (voir nos conditions d'inscription).
Liste de contrôle avant la première commande
- J'ai mon numéro EORI.
- Je sais de quelle famille est mon produit (animal, végétal frais, sec ou transformé).
- Produit animal : j'ai le numéro d'agrément de l'usine et je l'ai vérifié.
- J'ai vérifié si le produit est sous contrôle renforcé (règlement 2019/1793, version en vigueur).
- Mon transitaire sait qu'un contrôle SIVEP est nécessaire, et par quel poste frontalier passer.
- Mon étiquette française est prête, avec les allergènes.
- J'ai vérifié que mon fournisseur existe au registre officiel de son pays.
Qui contacter
- La douane : numéro EORI, formalités, droits et TVA (douane.gouv.fr).
- Le SIVEP (ministère de l'Agriculture) : contrôles sanitaires et phytosanitaires à la frontière.
- La direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département : sécurité des aliments que vous vendez.
Pour aller plus loin
Vous cherchez un fournisseur alimentaire en Asie, vérifié au registre officiel de son pays ?
Publier une demandeSources (consultées le 1er novembre 2026) : Entreprendre Service Public, « Importations effectuées par un micro-entrepreneur » (fiche F21919) ; ministère de l'Agriculture, « Le SIVEP » (mise à jour le 29/05/2026) ; Commission européenne, « Non-EU countries – authorised establishments » ; règlements (UE) 2017/625 (contrôles officiels), 2021/405 (pays autorisés), 2019/1793 modifié en 2026 (contrôles renforcés), 2016/2031 (santé des végétaux), 1169/2011 (information des consommateurs). Le site de la douane n'a pas pu être consulté le jour de la rédaction. À titre indicatif : ces informations n'engagent pas la responsabilité de Passerelle France-Asie ; seules les autorités font foi.